#Febphotoaday #7 – Button

J’ai une trousse dans laquelle je fourre tous les boutons que je trouve quand me prend l’idée saugrenue de faire du rangement (qu’on se rassure, ça ne m’arrive pas si souvent que ça). J’y mets aussi les boutons de secours qui sont parfois fournis avec les fringues  neuves.
Evidemment, quand il m’arrive de perdre un bouton et que je cherche dans la trousse magique de quoi le remplacer, je ne trouve *jamais* celui qu’il me faut.
Ma théorie à ce sujet est la même que celle des chaussettes orphelines. Je suis persuadée que c’est Cisco qui les chourre et que la nuit il se glisse hors de chez moi pour aller les revendre au Grand Marché Noir de Chaussettes et de Boutons des chats.
Il faut bien l’admettre, c’est la seule explication possible.

#Febphotoaday #6 – Dinner

Et voilà. J’étais tellement contente de moi, j’avais tellement hâte de partager ce dîner avec lui que, paf, forcément, j’ai oublié la photo.
En même temps c’était pas le plus important.
Le plus important, si vous voulez mon avis, ce sont les traces que le pain a laissé quand il a saucé son assiette.

Je ne le dirai probablement jamais assez. J’aime nourrir ceux que j’aime.

#Febphotoaday #4 – A Stranger


Parce que je n’avais pas envie de céder à la tentation première (et logique) de sortir dans la rue et de photographier le premier inconnu qui me tomberait sous l’objectif.
Parce que ce livre de poche m’a suivie dans chacun de mes déménagements depuis que je l’ai acheté pour le lire, au collège il me semble (au lycée peut-être ?).
Parce que si pour une improbable raison je ne devais garder que 100 livres (l’idée même d’en garder moins me donne envie de suffoquer) il en ferait absolument partie.
Parce que Camus.

Et puis, la chanson qui va avec.

#Febphotoaday #1 – My view today

La voilà donc la première photo de ce Febphotoaday. C’est bien, parce qu’on commence avec le plus facile. Ce que je vois aujourd’hui ? Ce que je vois tous les jours depuis près de deux ans, et ce dont je retombe amoureuse, tous les jours depuis près de deux ans.
Ma ville. Vue du presque ciel de mon 27ème étage.
Et j’ai beau caresser régulièrement l’idée de l’expatriation, Bangkok, Londres, San Francisco, j’ai beau jouer à m’imaginer vivre ailleurs, arpenter d’autres pavés, la vérité c’est qu’en quelque endroit du monde où je me pose éventuellement, je suis une putain de Parisienne, et tous les défauts qui vont avec, mais tant pis, c’est comme ça, c’est la Seine dans mes veines.
Alors tous les jours je regarde par ma fenêtre et bordel, je souris.

February photo a day

C’est marrant l’envie de bloguer.
Ça va, ça vient, ça se perd un peu subitement et puis ça se retrouve comme une envie de pisser, façon urgence, mal au bide, vite vite putain ça presse.
Sauf que je me rends compte qu’un truc un peu étrange s’est installé au fil des années, sans que j’y prête vraiment attention, petit à petit, et puis maintenant c’est là, bien là et c’est pas facile à déloger.
Ce truc c’est une sorte de malaise à rebloguer comme si de rien était. Comme si il n’y avait pas rien eu pendant des mois. Comme si je n’étais pas restée silencieuse.
C’est un peu comme quand on s’engueule avec quelqu’un.
Y a les gens qui arrivent à sortir d’une engueulade épique en un battement de cils, et à reprendre le cours d’une amitié comme si il ne s’était rien passé. Et puis il y a ceux pour qui c’est plus dur, pour qui une phase de transition est nécessaire, une dernière explication, une conversation apaisée mais qui ne nie pas l’incident.
Alors voilà.
Ca fait un petit moment que j’ai envie de reprendre le cours des choses ici, mais je n’arrivais pas à trouver cette phase de transition. Et puis la miss Digitalyn a eu la très bonne idée de relayer l’initiative d’un(e) certain(e) FatMumslim qui consiste à prendre une photo par jour pendant tout le mois de Février, avec un thème différent chaque jour.
Dont acte.
Je suis une piètre photographe, vous allez pouvoir vous en rendre compte mais c’est pas grave, parce que l’important c’est de reprendre le diamonologue.

In love with Bastion

Les jeux vidéo et moi, ça a toujours été une histoire de feeling. La plupart du temps, il me suffit de 5 minutes pour savoir si je vais adorer un jeu ou le détester. Bien sur il arrive que je me sois trompée. Qu’un jeu hyper enthousiasmant au départ se révèle lassant au final, qu’une interface laborieuse me fasse lâcher la manette de frustration, alors que l’univers était plein de promesses, ou qu’au contraire un jeu pour lequel je n’avais qu’une attirance très moyenne me rende complètement accro (ou « comment j’ai passé 10 mois de ma vie à jouer à Counter Strike 8 heures par jour »). Je ne suis pas bien sûre de savoir définir exactement ce qui fait qu’un jeu va me plaire immédiatement ou non. Si je devais répondre à la question à brûle pourpoint, je suppose que je dirais que c’est une délicate alchimie entre un univers graphique qui me parle, une ébauche d’histoire qui me donne envie d’en savoir plus et un gameplay intelligent, avec une prise en main hyper intuitive.

Il y avait longtemps que je n’étais pas tombée amoureuse d’un jeu au bout de quelques secondes.
Et puis, il y a eu Bastion.

Au commencement, il n’y avait rien… ou presque

Première scène du jeu. Quelques tiles suspendues dans le vide. Un personnage assoupi (le « Kid ») et une voix qui s’élève. Riche, grave, profonde. Elle me fait immédiatement penser à celle de Mickey Rourke dans Sin City. « Every proper story’s supposed to start at the beginning. Ain’t so simple with this one. » me dit-elle.
Première claque. Cette voix là va m’accompagner tout au long du jeu, me raconter l’histoire du Kid au fur et à mesure qu’elle se déroule sous mes yeux, commenter mes actions, ajouter tout un pan narratif extrêmement immersif à ma partie.
Immédiatement sous le charme, j’actionne le stick analogique. Le Kid se lève. Se dirige vers l’arche de pierre.
Et là, deuxième claque. Au fur et à mesure de l’avancée du personnage, le monde se construit, les tiles apparaissent et s’emboîtent, créant chemin et décors. J’adore cette sensation absolument unique de faire naître un univers sous mes pas. Et pas n’importe quel univers ! C’est évidemment extrêmement subjectif mais le style graphique de Bastion m’a franchement séduite. On le sent très inspiré du style Ankama, mais version adulte, dans un ton plus sombre, plus… mature.
Voilà. Il aura suffit de quelques secondes de jeu pour avoir l’intuition que j’allais être rapidement incapable de lâcher la manette. Intuition qui s’est avérée on ne peut plus vraie. Bastion m’aura coûté 2 nuits blanches, dont je ne regrette pas une minute.

 

Mais ça se joue comment ton truc ?

Le gameplay (du rpg très classique, mais monopersonnage) est simple, efficace. Clairement, il ne révolutionne pas l’histoire du jeu vidéo, mais il est agréable et rend la prise en main hyper fluide, surtout lors des (nombreux) combats. Un bouton pour l’arme principale (généralement une arme de corps à corps), un autre pour la secondaire (plutôt une arme à distance), une gâchette pour parer, une autre pour utiliser une technique spéciale. La base.
Le jeu en lui-même est assez facile. Mais, autre grande trouvaille des game designers, vous aurez la possibilité d’activer des idôles qui, tout en vous donnant des bonus d’XP, auront des effets secondaires rendant les combats plus difficiles, les ennemis plus résistants ou plus dangereux. De quoi satisfaire les plus chevronnés des hardcore gamers :)

Ok ouais, mais c’est quoi l’histoire ?

Impossible de vous la raconter vraiment sans vous spoiler. En bref, vous incarnez le Kid, gamin bagarreur, dont le monde a été presque entièrement détruit par la mystérieuse « Calamité ». Vous en parcourez les ruines, rayonnant depuis votre camp de base, le « Bastion », pour tenter de réunir les fragments magiques qui vous permettront de le faire renaître.
Plus vous réunirez de fragments, et plus le Bastion grandira, vous donnant la possibilité d’y construire des bâtiments (forge, arsenal, distillerie, temple etc..) dans lesquels vous pourrez améliorer vos compétences et vos armes, ou encore activer ou désactiver les fameuses idôles dont je parlais plus haut.
Dans sa quête, le Kid n’est pas seul. Vous rencontrerez et ramènerez au Bastion plusieurs personnages… pour le meilleur mais aussi pour le pire.

En conclusion, tout est bon dans l’Bastion (et ça rime)

Ce « petit » jeu (comptez en gros 6 heures pour le terminer en mode « rush », beaucoup beaucoup plus si vous prenez le temps de tout explorer et d’obtenir tous les bonus) du studio Supergiant Games est un vrai putain de bijou et j’espère que ces quelques lignes vous auront donné envie d’y jouer. En ce qui me concerne, après l’avoir terminé une première fois, j’ai bien l’intention d’y rejouer en explorant absolument tous les recoins de l’univers (ce qui va être facilité par le mode « Partie Plus » vous permettant de recommencer le jeu avec toutes les armes et tous les bâtiments déjà construits).
Un bémol, tout de même, je ne suis pas sûre de vous le recommander si vous ne parlez pas parfaitement anglais. Comme dit plus haut, la voix du narrateur est omniprésente tout au long du jeu, et même si elle est sous-titrée en français, il est à mon avis extrêmement désagréable de passer toute sa partie à lire plutôt qu’à jouer..
Initialement sorti sur le XBLA dans le cadre du Summer of Arcade (pour 1200 points), il est depuis la semaine dernière disponible pour PC sur Steam (14 eurals). Dans les deux cas, une démo gratuite est disponible alors vous n’avez absolument *aucune* excuse pour ne pas vous y frotter.

Allez, je vous laisse avec le trailer, histoire d’enfoncer le clou !

Anger


Manhole – Hypocrite – Album « All is not well » – 1996 

En boucle, tu relis les mots affichés sur l’écran.
D’abord sans vraiment les comprendre.
Surtout, sans vouloir les croire.
Mais à force, putain, ça s’imprime.
Sur ta rétine, pour commencer, et puis dans ton cerveau, forcément.
Machinalement.
Alt-Tab.
L’onglet de Facebook, là, dans ton Chrome.
Recharger la page sur laquelle il était resté.

Et là, l’idée fait son chemin.
Tu as tendu la main et on l’a tranchée à la machette.
Propre, net.

Et cette fois-ci est celle de trop.
Tu ne sais pas bien si tu pleures de rage ou de tristesse.
A vrai dire, soyons honnête, à ce stade, tu t’en fous, mais je sais bien, moi, que c’est un peu des deux.
Il te semble probablement que tu pleures la perte d’un ami.

Let the truth be told : that, he never was.

Fastlane

Je le sais bien, n’en doutez pas. J’en ai fait des tas des posts comme celui-ci. On fera comme si. Ok ?

Non parce que.
Ce soir c’est TooL qui m’a ramenée à la maison. Les basses de Sober, hyper saturées par mon autoradio plus que médiocre. Oui mais on s’en fout. Elles emplissent l’habitacle, rebondissent sur mon torse, se contorsionnent contre le pare-brise.
Explosent.
Et me retiennent.
Les yeux écarquillés, braqués sur le ruban de périph qui se déroule dans la nuit.
Calée derrière un taxi, le pied sur l’accélérateur, pas besoin de me soucier des radars, le gus devant moi me préviendra involontairement, quand il se mettra à ralentir.
Je sais pas bien ce que c’est ce truc entre la vitesse et moi. Un jour faudra élucider tout ça. Mais en attendant, c’est là, bien là, cette putain de vibration, et je ne sais pas bien quand je me suis mise à les hurler plutôt que de les chanter, les paroles de cette chanson que j’écoute depuis plus d’années que je n’arrive à me souvenir, mais bordel ce que c’est bon et le plus ironique c’est que probablement que c’est la première fois que je chante à tue-tête ces paroles en étant aussi heureuse que je le suis aujourd’hui, aussi vivante en tout cas, c’est la première fois que je les hurle simplement parce que cette chanson me retourne le bide et pas parce que je veux envoyer un putain de message à l’Univers.
Encore, toujours, il y a moi. Et la nuit. Et la route. Et la musique.

A table !

Ceux qui me lisent depuis un moment le savent, fût un temps où j’avais, en plus de Words Falling Apart, un blog de cuisine. Mais ce qui devait arriver arriva, quand on a pas le temps de poster régulièrement sur un blog, l’idée même d’en entretenir deux en parallèle semble assez saugrenue. Du coup, Culinopathe est mort de sa belle mort.
C’est pourtant pas pour ça que j’ai arrêté de cuisiner, ni d’avoir envie de partager mes expérimentations culinaires.
Alors voilà, j’oublie mon intention première, qui était de séparer distinctement mon blog « d’humeurs » et mon blog de cuisine, et vous devrez vous farcir de temps en temps un post sur la bouffe. Pour ceux que ça gonfle, vous connaissez la solution : suffit de pas lire.

Inaugurons donc cette catégorie avec ma petite préparation du soir, un truc hyper léger (parce que je suis en plein Plan Bonnasse©™) et hyper rapide que j’aime beaucoup me faire pour les dîners d’été.

Petite poêlée estivale au Melon, Roquette et viande des Grisons

Pour deux enthousiastes du Plan Bonnasse©™ qui sont un peu lassés du fromage blanc 0%

- 1/2 melon
- 6 tranches de viande des grisons
- 2 belles poignées de roquette
- 40g de riz basmati (cru)
- Coriandre
- Poivre

Faire cuire le riz selon la méthode habituelle, puis bien l’égoutter.
Couper le melon en petits cubes et la viande des grisons en lanières, ciseler finement la coriandre.
Dans une poêle bien chaude sans matière grasse, jeter la viande des grisons et les cubes de melon. Faire cuire en remuant bien pendant 2 minutes.
Ajouter le riz bien égoutté, poivrer (personnellement je ne rajoute pas de sel, la viande des grisons est assez salée à mon goût) bien mélanger et laisser mijoter à feu moyen 3 à 4 minutes, pour que le riz s’imprègne bien des sucs du melon et commence à caraméliser un peu.
Ajouter la roquette et la coriandre, mélanger rapidement et laisser cuire 2 minutes supplémentaires.
C’est prêt !

Servir accompagné de roquette crue sur laquelle on déposera un trait de balsamique (à la figue en ce qui me concerne).
Se régaler avec pas un gramme de culpabilité :)

Ted Talk – Why are we happy ?

Ce Ted Talk n’est pas tout jeune. Il date de 2004, oui, mais moi je ne l’avais jamais vu. Parce que je ne suis probablement pas la seule, et parce que je suis persuadée que *tout le monde* devrait le voir (et qu’on devrait l’inscrire au programme scolaire au lycée, ou un truc du genre) le voici donc.
Le pitch est simple. Le conférencier, Dan Gilbert, nous parle des mécanismes que nous mettons en oeuvre pour créer du bonheur avec ce que nous avons, plutôt qu’avec ce que nous aurions aimé avoir. Il introduit la notion de bonheur synthétique et nous dit à quel point nous avons tort de le considérer inférieur au bonheur naturel.
Regardez. Réfléchissez. Soyez heureux.
(et pour ceux qui ne sont pas parfaitement anglophones, pas de panique, si vous allez sur le site, vous avez le choix entre 35 langues de sous-titrage..)

Acknowledgment

Et là, tu vois, je suis morte de trouille.
Mais une trouille de la bonne sorte, une trouille causée par la lente acceptation, par la reconnaissance (acknowledgement, ils diraient, les shakespeariens) de cette sensation depuis longtemps passée en pertes et profits, ce truc dont j’avais fait le deuil, peu à peu, parce que bon, force était de constater, j’étais juste plus *capable*. Mais en fait si, timidement, moi et moi, face à face dans la glace, on fini par se le dire, on se l’avoue en chuchotant, façon confidence beaucoup trop chargée de conséquences, ils sont là bordel, ils sont revenus, les putains de papillons dans le bide, et le pire c’est qu’ils sont pas tout seuls, ils ont de la compagnie, et non des moindres, ils sont accompagnés de cette faim absolument incessante, et forcément ça rend le tout encore plus terrifiant, parce que même si c’était pas des plus satisfaisants, c’était tellement confortable cette habitude prise de séparer les sentiments et le sexe, tellement safe, une case pour les gens que j’aime et une autre pour les gens que je baise, risque zéro, ou presque (le presque étant quand les gens veulent changer de case, forcément).
Alors voilà, je suis morte de trouille, tous les voyants à l’écarlate clignotant, tous mes instincts qui me hurlent de claquer la porte, de me barrer en courant, vite vite, avant que les papillons ne s’installent et annihilent ma capacité de raisonnement.
Sauf qu’avec la peur il y a cette impression d’être vivante, à nouveau, plus vivante que depuis des années, vivante à en hurler, la peau et les nerfs à vif, les yeux grands ouverts et c’est bon, c’est tellement bon.

Alors.

« Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit.
La peur est la petite mort qui mène à l’oblitération totale.
J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi.
Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin.
Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien.
Rien que moi. »

Combattre l’instinct.
Ne. Pas. Fuir.