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New Life

«Il n’y a que deux villes au monde pour lesquelles je quitterais Paris : Londres et Bangkok»
Cette phrase, je l’ai prononcée un sacré paquet de fois au cours des années. Tellement que si j’avais eu un blason, on aurait probablement pu la mettre dessous comme devise (bon c’est sur, c’est moins classe que « Winter is coming! »).
Il ne se passait pas un jour sans que je m’accoude à la fenêtre et que je contemple, du haut de mon 27ème étage, la ville, MA ville, en me disant, putain, quand même, qu’est-ce que c’est beau.

Et pourtant.

Voilà 10 jours que je suis à 5900 kilomètres de ma ville natale, que je n’ai quittée ni pour le fog londonien, ni pour la moiteur bangkokienne, mais pour un endroit dans lequel je n’avais absolument jamais mis les pieds auparavant: Montreal.
Le pire c’est que la décision a demandé en tout et pour tout environ 30 secondes de réflexion. Au temps pour les certitudes.

Alors voilà, maintenant, il faut se construire une nouvelle vie. S’approprier l’endroit. L’apprivoiser, d’abord, peut-être. Survivre au premier hiver, pour commencer, sûrement.
Apprendre. Une autre culture, une autre langue (malgré les apparences trompeuses), d’autres moeurs.
Loin de tous les miens sauf deux, le garçon et le chat.
Loin de tous les repères, de tous les réseaux, de tous ces trucs bien safe et douillets.

Let’s get started.

Vrac d’Avril vaincra tous les périls

Difficile de le nier, j’ai salement écourté Février et royalement ignoré Mars.
Bon je me doutais bien que tenir le rythme de la photo par jour (surtout en essayant de l’accompagner d’un minimum de texte) serait compliqué mais au final ce qui a achevé mon bel élan plein de motivation c’est que je me suis heurtée à un thème qui ne m’inspirait franchement pas. Et au lieu de m’octroyer le droit de faire une entorse au règlement, au lieu de simplement passer sur ce thème et continuer ensuite normalement, au lieu éventuellement de le remplacer par une autre photo de mon choix, je me suis butée, entêtée et j’ai finalement boudé le reste du February Photo a Day.
Après ça je me suis sentie bêtement coupable (envers qui, quoi ? Le mystère reste entier) et paf, plus de post.

Mais bon, c’est le printemps après tout, y a un rayon de soleil dans mon salon, A Forest dans mes enceintes, et ça me gratte du côté du clavier. Alors, hop, je déclare officiellement terminée la Grande Bouderie de Février 2012.
Ouais, comme ça.
Et du coup je déclare officiellement ouvert le Grand Vrac d’Avril 2012, dans la plus pure tradition Words Falling Apart (voir iciici, iciici ou encore  ou ).

En vrac, comme beaucoup, la campagne présidentielle m’a à peu près autant passionnée qu’un remake Moldave du Gendarme à Saint Tropez. Mais demain je vais lever mon petit cul et aller coller mon bulletin dans l’urne. Et d’une parce que je *refuse* d’avoir quelque responsabilité que ce soit dans une éventuelle réélection du petit Nico (on se souviendra qu’il y a 5 ans déjà, Nico et moi, c’était pas l’amour fou), et de deux parce que mon crédo de base c’est qu’en démocratie, soit on fait son devoir de citoyen, soit on ferme sa gueule. Et comme j’aime bien l’ouvrir et que je l’ai plutôt grande, je fais ce qu’il faut pour être en paix avec ma conscience.

En vrac, je suis absolument fascinée par l’entourloupe Marketing qui a consistée à renommer le Parti Communiste Français en « Front de Gauche » et du même coup faire oublier à un gros paquet de monde qui seraient les gens qui nous gouverneraient si Mélenchon venait à gagner. Selon les sondages y a quand même plus de 6 millions d’électeurs qui se sont fait avoir par le tour de passe-passe et là je dis RESPECT (pas à ceux qui se sont fait berner hein, juste à l’équipe de communication de Front de Gauche. Les mecs, sérieusement, reconvertissez vous dans la vente de tapis ou de frigos, vous allez faire un carton).

En vrac, j’ai découvert qu’une adaptation cinématographique de « La Stratégie Ender » (alias Ender’s Game) est en cours et j’ai bien failli me faire pipi dessus de joie. Surtout qu’Orson Scott Card est co-auteur du scénario, qu’Harrison Ford jouera le Colonel Graff et que Ben Kingsley sera Mazer Rackham. Quand on sait qu’Orson Scott Card est mon auteur favori et que La Stratégie Ender est mon roman préféré de cet auteur, on comprend mieux mes difficultés à contrôler ma vessie.

En vrac, tant qu’on est dans les bouquins, il *faut* lire Elliot du Néant de David Calvo, à La Volte. Parce que c’est beau et poétique, parce que c’est à la fois simple et compliqué, parce qu’il y a des tortues et des macareux, parce qu’on y découvre qu’il y a un univers entier entre le mur et la tapisserie, parce que l’imaginaire de David est fou, d’une folie douce et belle qu’on aimerait posséder soi même, parce que de temps en temps il y a des livres qui redonnent envie d’écrire et que celui ci en fait partie.

En vrac, même si j’ai rarement autant bossé qu’en ce moment, même si les journées sont trop courtes, même si les week ends n’en sont pas vraiment, même si j’ai désespérément besoin de vacances, en vrai ça faisait un sacré bail que la vie n’avait pas été aussi belle, pendant aussi longtemps, et ça fait un bien incroyable, croyez moi.

#Febphotoaday #15 – Phone

C’est un quartier de Bangkok franchement pas touristique. Loin de l’agitation du centre, loin de la grandiloquence du Wat Phra Keo et de ses meutes de touristes.
Dédale de ruelles résidentielles dans lesquelles sont alignés des tuk-tuk au repos, si ce n’est au rebut.
Les habitants sont d’ailleurs peu habitués à voir des visages occidentaux dans ces parages et nous saluent à grands coups de « Welcome to Thaïland !! » rigolards.
Se prélassant dans l’ombre bienvenue d’un pickup garé là, un corniaud tout ensiesté soulève une paupière paresseuse à notre passage.

Un poulet traverse la rue et entre dans une cabine téléphonique.
Nous sommes en route vers ce qui est devenu l’un de mes restaurants préférés de Bangkok, accroché au bord du Chao Phraya. Tout à l’heure nous  dégusterons le meilleur Kai Phat Met Mamuang Himaphan de l’univers et nous saucerons jusqu’à la dernière goutte de curry vert avec des boulettes de Khao Niao.
Mais nous sommes en Thaïlande, où rien ne presse, jamais.
Alors je dégaine mon appareil et je photographie le poulet.

#Febphotoaday #11 – Makes me happy


D’aussi loin que je me souvienne, il y a toujours eu un truc particulier entre le feu et moi. Oui, je sais, c’est pas le comble de l’originalité.
Mais je me souviens avoir passé des heures et des heures devant des cheminées, à entretenir le feu, repositionner le bois, rajouter une brindille par ci, une bûche par là, à savourer cette sensation d’être littéralement entrain de cuire. C’en était même devenu une running joke, quand ma tante qui vivait à l’époque dans les Pyrénées me passait un coup de fil et me disait « Tu peux venir, on a fait des provisions de bois ».
Je m’étais toujours juré que quand j’achèterais un appartement à Paris, il aurait une cheminée. Bon, pour le coup, c’est raté. Mais je désespère pas pour le prochain.

Anger


Manhole – Hypocrite – Album « All is not well » – 1996 

En boucle, tu relis les mots affichés sur l’écran.
D’abord sans vraiment les comprendre.
Surtout, sans vouloir les croire.
Mais à force, putain, ça s’imprime.
Sur ta rétine, pour commencer, et puis dans ton cerveau, forcément.
Machinalement.
Alt-Tab.
L’onglet de Facebook, là, dans ton Chrome.
Recharger la page sur laquelle il était resté.

Et là, l’idée fait son chemin.
Tu as tendu la main et on l’a tranchée à la machette.
Propre, net.

Et cette fois-ci est celle de trop.
Tu ne sais pas bien si tu pleures de rage ou de tristesse.
A vrai dire, soyons honnête, à ce stade, tu t’en fous, mais je sais bien, moi, que c’est un peu des deux.
Il te semble probablement que tu pleures la perte d’un ami.

Let the truth be told : that, he never was.

Fastlane

Je le sais bien, n’en doutez pas. J’en ai fait des tas des posts comme celui-ci. On fera comme si. Ok ?

Non parce que.
Ce soir c’est TooL qui m’a ramenée à la maison. Les basses de Sober, hyper saturées par mon autoradio plus que médiocre. Oui mais on s’en fout. Elles emplissent l’habitacle, rebondissent sur mon torse, se contorsionnent contre le pare-brise.
Explosent.
Et me retiennent.
Les yeux écarquillés, braqués sur le ruban de périph qui se déroule dans la nuit.
Calée derrière un taxi, le pied sur l’accélérateur, pas besoin de me soucier des radars, le gus devant moi me préviendra involontairement, quand il se mettra à ralentir.
Je sais pas bien ce que c’est ce truc entre la vitesse et moi. Un jour faudra élucider tout ça. Mais en attendant, c’est là, bien là, cette putain de vibration, et je ne sais pas bien quand je me suis mise à les hurler plutôt que de les chanter, les paroles de cette chanson que j’écoute depuis plus d’années que je n’arrive à me souvenir, mais bordel ce que c’est bon et le plus ironique c’est que probablement que c’est la première fois que je chante à tue-tête ces paroles en étant aussi heureuse que je le suis aujourd’hui, aussi vivante en tout cas, c’est la première fois que je les hurle simplement parce que cette chanson me retourne le bide et pas parce que je veux envoyer un putain de message à l’Univers.
Encore, toujours, il y a moi. Et la nuit. Et la route. Et la musique.

Ted Talk – Why are we happy ?

Ce Ted Talk n’est pas tout jeune. Il date de 2004, oui, mais moi je ne l’avais jamais vu. Parce que je ne suis probablement pas la seule, et parce que je suis persuadée que *tout le monde* devrait le voir (et qu’on devrait l’inscrire au programme scolaire au lycée, ou un truc du genre) le voici donc.
Le pitch est simple. Le conférencier, Dan Gilbert, nous parle des mécanismes que nous mettons en oeuvre pour créer du bonheur avec ce que nous avons, plutôt qu’avec ce que nous aurions aimé avoir. Il introduit la notion de bonheur synthétique et nous dit à quel point nous avons tort de le considérer inférieur au bonheur naturel.
Regardez. Réfléchissez. Soyez heureux.
(et pour ceux qui ne sont pas parfaitement anglophones, pas de panique, si vous allez sur le site, vous avez le choix entre 35 langues de sous-titrage..)

Respawn

Vieux tshirt troué et caleçon de garçon, les cheveux en bataille approximativement fourrés dans un élastique, à genoux sur le parquet, je récure.
TooL crache ses tripes dans mes enceintes pendant que je trie, que je range, que je lave, que je nettoie, méthodiquement, frénétiquement même, sans doute.
Peu à peu l’appartement redevient ce lieu de vie que j’ai voulu taillé sur mesure pour moi, et rien que pour moi. La lumière entre à flots par les fenêtres grandes ouvertes, et à chaque fois que je me relève je ne peux m’empêcher d’adresser un petit clin d’oeil à la meringue du Sacré Coeur, témoin silencieux de toute cette agitation soudaine.
Cisco, qui, effrayé par le rugissement de l’aspirateur, avait commencé par se terrer sous le canapé, fini par me montrer son approbation de l’assainissement de *son* territoire et s’étale de tout son long dans une flaque de soleil.

Plus tard, une fois ce ménage là terminé, c’est mon corps que je récure. Ma peau que je gomme, que j’étrille, grimaçant à peine sous la morsure du gant de crin, savourant cette sensation de nettoyer mon âme en même temps que mon corps.

Plus de deux ans à porter sur moi les souillures de la trahison, la crasse du mensonge et de la désillusion.
Il suffit.
Se laver, comme pour la première fois depuis tout ce temps.
Secouer les épaules et accepter de vivre, à nouveau.
Renaître.