Ted Talk – Why are we happy ?

Ce Ted Talk n’est pas tout jeune. Il date de 2004, oui, mais moi je ne l’avais jamais vu. Parce que je ne suis probablement pas la seule, et parce que je suis persuadée que *tout le monde* devrait le voir (et qu’on devrait l’inscrire au programme scolaire au lycée, ou un truc du genre) le voici donc.
Le pitch est simple. Le conférencier, Dan Gilbert, nous parle des mécanismes que nous mettons en oeuvre pour créer du bonheur avec ce que nous avons, plutôt qu’avec ce que nous aurions aimé avoir. Il introduit la notion de bonheur synthétique et nous dit à quel point nous avons tort de le considérer inférieur au bonheur naturel.
Regardez. Réfléchissez. Soyez heureux.
(et pour ceux qui ne sont pas parfaitement anglophones, pas de panique, si vous allez sur le site, vous avez le choix entre 35 langues de sous-titrage..)

2 réflexions au sujet de « Ted Talk – Why are we happy ? »

  1. J’ai regardé, j’ai réfléchi, mais je suis pas heureux.

    J’ai le pressentiment de biais dans le raisonnement. Et quand on s’y attarde, les démonstrations de M. Gilbert – certes énergiquement déroulées – ne me paraissent pas suffisamment convaincantes :

    1 / Le coup des déclarations dans la presse en tant que preuves de bonheur autoconstruit, c’est particulièrement approximatif quand on considère les grands écarts que le tout un chacun opère entre ce qu’il déclare officiellement et son véritable ressenti personnel. C’est vrai que M. Gilbert assume clairement sa mauvaise foi avec les conclusions qu’il tire sur le powerpoint, mais ça n’empêche pas pour autant que l’argumentation est fallacieuse.

    2/ Le coup des tableaux de Monet : faire passer pour du bonheur « synthétisé » le fait que le sujet finit par aimer davantage ce qu’il possède par rapport à ses préférences initiales, c’est écarter bien vite les notions de subjectivité, d’attachement et de projection qui ont opéré lorsque le sujet a été contraint de faire son choix et qui vont finir par accorder une valeur affective supplémentaire au tableau choisi (par le fait de s’être projeté le possédant). Alors après, Danny semble vouloir justement écarter cette possible contre-argumentation en réalisant la même expérience avec des sujets amnésiques et en vérifiant les mêmes résultats. Mais vu encore dans le marasme dans lequel nage la science sur l’amnésie, peut-on vraiment en tirer des conclusions ? Pas convaincu non plus ici.

    3/ Le coup des étudiants et leur satisfaction à propos de leur choix d’une photo selon la possibilité de revenir ou non sur le choix est peut être l’expérience la plus significative mais les conclusions tirées en terme de bonheur me paraissent un poil hatives. Il s’agit juste de « satisfaction » au sujet d’un choix de photo. De là à parler de bonheur… qu’est ce qui empêche de penser s’être fourvoyé dans le choix (surtout parce qu’on a pris plus de temps à considérer les options vu qu’on avait plus de temps pour choisir) et accepter très bien cette erreur en tant que telle par la suite ? Pour ceux qui n’avaient pas le choix, ils sont juste passés à autre chose très vite point barre, puisqu’ils n’avaient pas de marge de manœuvre. Est ce qu’ils sont plus heureux pour autant ? Le choix est fait, ainsi soit il et advienne que pourra. Ici aussi, comme les déclarations dans la presse, il n’est pas question de l’état de ressenti réel des sujets.

    Au final, je trouve que tout ça n’est pas très probant alors que l’approche initiale de déconstruire les réussites symboliquement synonymes de bonheur me plaisait bien.

    Enfin… on peut se demander si Danny ne dérive pas sur un autre sujet avec la citation finale d’Adam Smith et l’extrapolation personnelle qu’il en fait. La problématique qu’il évoque est davantage la capacité d’accepter la prédestination sans ambition « démésurée », plutôt que l’aptitude au bonheur. Et j’ai plutôt une réserve à ce sujet puisque ça revient à dire « chacun à sa place et les moutons seront bien gardés ». C’est ainsi que sont conditionnées chacune des différentes castes inférieures de la population dans « le Meilleur des Mondes »… Le conditionnement à subir sereinement un sort qui s’impose à nous est il vraiment une fin en soi pour l’individu ou s’agit il surtout de s’effacer derrière l’ordre social et ainsi de le préserver ? Derrière cette soi disante recherche de bonheur, c’est la vérité qui en fait les frais.

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