Archives mensuelles : août 2011

In love with Bastion

Les jeux vidéo et moi, ça a toujours été une histoire de feeling. La plupart du temps, il me suffit de 5 minutes pour savoir si je vais adorer un jeu ou le détester. Bien sur il arrive que je me sois trompée. Qu’un jeu hyper enthousiasmant au départ se révèle lassant au final, qu’une interface laborieuse me fasse lâcher la manette de frustration, alors que l’univers était plein de promesses, ou qu’au contraire un jeu pour lequel je n’avais qu’une attirance très moyenne me rende complètement accro (ou « comment j’ai passé 10 mois de ma vie à jouer à Counter Strike 8 heures par jour »). Je ne suis pas bien sûre de savoir définir exactement ce qui fait qu’un jeu va me plaire immédiatement ou non. Si je devais répondre à la question à brûle pourpoint, je suppose que je dirais que c’est une délicate alchimie entre un univers graphique qui me parle, une ébauche d’histoire qui me donne envie d’en savoir plus et un gameplay intelligent, avec une prise en main hyper intuitive.

Il y avait longtemps que je n’étais pas tombée amoureuse d’un jeu au bout de quelques secondes.
Et puis, il y a eu Bastion.

Au commencement, il n’y avait rien… ou presque

Première scène du jeu. Quelques tiles suspendues dans le vide. Un personnage assoupi (le « Kid ») et une voix qui s’élève. Riche, grave, profonde. Elle me fait immédiatement penser à celle de Mickey Rourke dans Sin City. « Every proper story’s supposed to start at the beginning. Ain’t so simple with this one. » me dit-elle.
Première claque. Cette voix là va m’accompagner tout au long du jeu, me raconter l’histoire du Kid au fur et à mesure qu’elle se déroule sous mes yeux, commenter mes actions, ajouter tout un pan narratif extrêmement immersif à ma partie.
Immédiatement sous le charme, j’actionne le stick analogique. Le Kid se lève. Se dirige vers l’arche de pierre.
Et là, deuxième claque. Au fur et à mesure de l’avancée du personnage, le monde se construit, les tiles apparaissent et s’emboîtent, créant chemin et décors. J’adore cette sensation absolument unique de faire naître un univers sous mes pas. Et pas n’importe quel univers ! C’est évidemment extrêmement subjectif mais le style graphique de Bastion m’a franchement séduite. On le sent très inspiré du style Ankama, mais version adulte, dans un ton plus sombre, plus… mature.
Voilà. Il aura suffit de quelques secondes de jeu pour avoir l’intuition que j’allais être rapidement incapable de lâcher la manette. Intuition qui s’est avérée on ne peut plus vraie. Bastion m’aura coûté 2 nuits blanches, dont je ne regrette pas une minute.

 

Mais ça se joue comment ton truc ?

Le gameplay (du rpg très classique, mais monopersonnage) est simple, efficace. Clairement, il ne révolutionne pas l’histoire du jeu vidéo, mais il est agréable et rend la prise en main hyper fluide, surtout lors des (nombreux) combats. Un bouton pour l’arme principale (généralement une arme de corps à corps), un autre pour la secondaire (plutôt une arme à distance), une gâchette pour parer, une autre pour utiliser une technique spéciale. La base.
Le jeu en lui-même est assez facile. Mais, autre grande trouvaille des game designers, vous aurez la possibilité d’activer des idôles qui, tout en vous donnant des bonus d’XP, auront des effets secondaires rendant les combats plus difficiles, les ennemis plus résistants ou plus dangereux. De quoi satisfaire les plus chevronnés des hardcore gamers :)

Ok ouais, mais c’est quoi l’histoire ?

Impossible de vous la raconter vraiment sans vous spoiler. En bref, vous incarnez le Kid, gamin bagarreur, dont le monde a été presque entièrement détruit par la mystérieuse « Calamité ». Vous en parcourez les ruines, rayonnant depuis votre camp de base, le « Bastion », pour tenter de réunir les fragments magiques qui vous permettront de le faire renaître.
Plus vous réunirez de fragments, et plus le Bastion grandira, vous donnant la possibilité d’y construire des bâtiments (forge, arsenal, distillerie, temple etc..) dans lesquels vous pourrez améliorer vos compétences et vos armes, ou encore activer ou désactiver les fameuses idôles dont je parlais plus haut.
Dans sa quête, le Kid n’est pas seul. Vous rencontrerez et ramènerez au Bastion plusieurs personnages… pour le meilleur mais aussi pour le pire.

En conclusion, tout est bon dans l’Bastion (et ça rime)

Ce « petit » jeu (comptez en gros 6 heures pour le terminer en mode « rush », beaucoup beaucoup plus si vous prenez le temps de tout explorer et d’obtenir tous les bonus) du studio Supergiant Games est un vrai putain de bijou et j’espère que ces quelques lignes vous auront donné envie d’y jouer. En ce qui me concerne, après l’avoir terminé une première fois, j’ai bien l’intention d’y rejouer en explorant absolument tous les recoins de l’univers (ce qui va être facilité par le mode « Partie Plus » vous permettant de recommencer le jeu avec toutes les armes et tous les bâtiments déjà construits).
Un bémol, tout de même, je ne suis pas sûre de vous le recommander si vous ne parlez pas parfaitement anglais. Comme dit plus haut, la voix du narrateur est omniprésente tout au long du jeu, et même si elle est sous-titrée en français, il est à mon avis extrêmement désagréable de passer toute sa partie à lire plutôt qu’à jouer..
Initialement sorti sur le XBLA dans le cadre du Summer of Arcade (pour 1200 points), il est depuis la semaine dernière disponible pour PC sur Steam (14 eurals). Dans les deux cas, une démo gratuite est disponible alors vous n’avez absolument *aucune* excuse pour ne pas vous y frotter.

Allez, je vous laisse avec le trailer, histoire d’enfoncer le clou !

Anger


Manhole – Hypocrite – Album « All is not well » – 1996 

En boucle, tu relis les mots affichés sur l’écran.
D’abord sans vraiment les comprendre.
Surtout, sans vouloir les croire.
Mais à force, putain, ça s’imprime.
Sur ta rétine, pour commencer, et puis dans ton cerveau, forcément.
Machinalement.
Alt-Tab.
L’onglet de Facebook, là, dans ton Chrome.
Recharger la page sur laquelle il était resté.

Et là, l’idée fait son chemin.
Tu as tendu la main et on l’a tranchée à la machette.
Propre, net.

Et cette fois-ci est celle de trop.
Tu ne sais pas bien si tu pleures de rage ou de tristesse.
A vrai dire, soyons honnête, à ce stade, tu t’en fous, mais je sais bien, moi, que c’est un peu des deux.
Il te semble probablement que tu pleures la perte d’un ami.

Let the truth be told : that, he never was.