Archives mensuelles : juillet 2011

Fastlane

Je le sais bien, n’en doutez pas. J’en ai fait des tas des posts comme celui-ci. On fera comme si. Ok ?

Non parce que.
Ce soir c’est TooL qui m’a ramenée à la maison. Les basses de Sober, hyper saturées par mon autoradio plus que médiocre. Oui mais on s’en fout. Elles emplissent l’habitacle, rebondissent sur mon torse, se contorsionnent contre le pare-brise.
Explosent.
Et me retiennent.
Les yeux écarquillés, braqués sur le ruban de périph qui se déroule dans la nuit.
Calée derrière un taxi, le pied sur l’accélérateur, pas besoin de me soucier des radars, le gus devant moi me préviendra involontairement, quand il se mettra à ralentir.
Je sais pas bien ce que c’est ce truc entre la vitesse et moi. Un jour faudra élucider tout ça. Mais en attendant, c’est là, bien là, cette putain de vibration, et je ne sais pas bien quand je me suis mise à les hurler plutôt que de les chanter, les paroles de cette chanson que j’écoute depuis plus d’années que je n’arrive à me souvenir, mais bordel ce que c’est bon et le plus ironique c’est que probablement que c’est la première fois que je chante à tue-tête ces paroles en étant aussi heureuse que je le suis aujourd’hui, aussi vivante en tout cas, c’est la première fois que je les hurle simplement parce que cette chanson me retourne le bide et pas parce que je veux envoyer un putain de message à l’Univers.
Encore, toujours, il y a moi. Et la nuit. Et la route. Et la musique.

A table !

Ceux qui me lisent depuis un moment le savent, fût un temps où j’avais, en plus de Words Falling Apart, un blog de cuisine. Mais ce qui devait arriver arriva, quand on a pas le temps de poster régulièrement sur un blog, l’idée même d’en entretenir deux en parallèle semble assez saugrenue. Du coup, Culinopathe est mort de sa belle mort.
C’est pourtant pas pour ça que j’ai arrêté de cuisiner, ni d’avoir envie de partager mes expérimentations culinaires.
Alors voilà, j’oublie mon intention première, qui était de séparer distinctement mon blog « d’humeurs » et mon blog de cuisine, et vous devrez vous farcir de temps en temps un post sur la bouffe. Pour ceux que ça gonfle, vous connaissez la solution : suffit de pas lire.

Inaugurons donc cette catégorie avec ma petite préparation du soir, un truc hyper léger (parce que je suis en plein Plan Bonnasse©™) et hyper rapide que j’aime beaucoup me faire pour les dîners d’été.

Petite poêlée estivale au Melon, Roquette et viande des Grisons

Pour deux enthousiastes du Plan Bonnasse©™ qui sont un peu lassés du fromage blanc 0%

- 1/2 melon
- 6 tranches de viande des grisons
- 2 belles poignées de roquette
- 40g de riz basmati (cru)
- Coriandre
- Poivre

Faire cuire le riz selon la méthode habituelle, puis bien l’égoutter.
Couper le melon en petits cubes et la viande des grisons en lanières, ciseler finement la coriandre.
Dans une poêle bien chaude sans matière grasse, jeter la viande des grisons et les cubes de melon. Faire cuire en remuant bien pendant 2 minutes.
Ajouter le riz bien égoutté, poivrer (personnellement je ne rajoute pas de sel, la viande des grisons est assez salée à mon goût) bien mélanger et laisser mijoter à feu moyen 3 à 4 minutes, pour que le riz s’imprègne bien des sucs du melon et commence à caraméliser un peu.
Ajouter la roquette et la coriandre, mélanger rapidement et laisser cuire 2 minutes supplémentaires.
C’est prêt !

Servir accompagné de roquette crue sur laquelle on déposera un trait de balsamique (à la figue en ce qui me concerne).
Se régaler avec pas un gramme de culpabilité :)

Ted Talk – Why are we happy ?

Ce Ted Talk n’est pas tout jeune. Il date de 2004, oui, mais moi je ne l’avais jamais vu. Parce que je ne suis probablement pas la seule, et parce que je suis persuadée que *tout le monde* devrait le voir (et qu’on devrait l’inscrire au programme scolaire au lycée, ou un truc du genre) le voici donc.
Le pitch est simple. Le conférencier, Dan Gilbert, nous parle des mécanismes que nous mettons en oeuvre pour créer du bonheur avec ce que nous avons, plutôt qu’avec ce que nous aurions aimé avoir. Il introduit la notion de bonheur synthétique et nous dit à quel point nous avons tort de le considérer inférieur au bonheur naturel.
Regardez. Réfléchissez. Soyez heureux.
(et pour ceux qui ne sont pas parfaitement anglophones, pas de panique, si vous allez sur le site, vous avez le choix entre 35 langues de sous-titrage..)

Acknowledgment

Et là, tu vois, je suis morte de trouille.
Mais une trouille de la bonne sorte, une trouille causée par la lente acceptation, par la reconnaissance (acknowledgement, ils diraient, les shakespeariens) de cette sensation depuis longtemps passée en pertes et profits, ce truc dont j’avais fait le deuil, peu à peu, parce que bon, force était de constater, j’étais juste plus *capable*. Mais en fait si, timidement, moi et moi, face à face dans la glace, on fini par se le dire, on se l’avoue en chuchotant, façon confidence beaucoup trop chargée de conséquences, ils sont là bordel, ils sont revenus, les putains de papillons dans le bide, et le pire c’est qu’ils sont pas tout seuls, ils ont de la compagnie, et non des moindres, ils sont accompagnés de cette faim absolument incessante, et forcément ça rend le tout encore plus terrifiant, parce que même si c’était pas des plus satisfaisants, c’était tellement confortable cette habitude prise de séparer les sentiments et le sexe, tellement safe, une case pour les gens que j’aime et une autre pour les gens que je baise, risque zéro, ou presque (le presque étant quand les gens veulent changer de case, forcément).
Alors voilà, je suis morte de trouille, tous les voyants à l’écarlate clignotant, tous mes instincts qui me hurlent de claquer la porte, de me barrer en courant, vite vite, avant que les papillons ne s’installent et annihilent ma capacité de raisonnement.
Sauf qu’avec la peur il y a cette impression d’être vivante, à nouveau, plus vivante que depuis des années, vivante à en hurler, la peau et les nerfs à vif, les yeux grands ouverts et c’est bon, c’est tellement bon.

Alors.

« Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l’esprit.
La peur est la petite mort qui mène à l’oblitération totale.
J’affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi.
Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin.
Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien.
Rien que moi. »

Combattre l’instinct.
Ne. Pas. Fuir.

Respawn

Vieux tshirt troué et caleçon de garçon, les cheveux en bataille approximativement fourrés dans un élastique, à genoux sur le parquet, je récure.
TooL crache ses tripes dans mes enceintes pendant que je trie, que je range, que je lave, que je nettoie, méthodiquement, frénétiquement même, sans doute.
Peu à peu l’appartement redevient ce lieu de vie que j’ai voulu taillé sur mesure pour moi, et rien que pour moi. La lumière entre à flots par les fenêtres grandes ouvertes, et à chaque fois que je me relève je ne peux m’empêcher d’adresser un petit clin d’oeil à la meringue du Sacré Coeur, témoin silencieux de toute cette agitation soudaine.
Cisco, qui, effrayé par le rugissement de l’aspirateur, avait commencé par se terrer sous le canapé, fini par me montrer son approbation de l’assainissement de *son* territoire et s’étale de tout son long dans une flaque de soleil.

Plus tard, une fois ce ménage là terminé, c’est mon corps que je récure. Ma peau que je gomme, que j’étrille, grimaçant à peine sous la morsure du gant de crin, savourant cette sensation de nettoyer mon âme en même temps que mon corps.

Plus de deux ans à porter sur moi les souillures de la trahison, la crasse du mensonge et de la désillusion.
Il suffit.
Se laver, comme pour la première fois depuis tout ce temps.
Secouer les épaules et accepter de vivre, à nouveau.
Renaître.